Un mouvement social éclate dans votre entreprise et vous ne savez pas comment réagir légalement ? Le constat de grève est l’acte authentique établi par un commissaire de justice qui documente officiellement le déroulement d’un conflit du travail, un piquet de grève ou un blocage d’accès. Il constitue le point de départ indispensable de toute procédure judiciaire.
La grève ne souffre aucun délai. Chaque heure sans preuve officielle fragilise votre position. Le procès-verbal de grève offre une double protection : il sécurise l’employeur face à un blocage potentiellement illicite, et il protège les salariés contre tout licenciement abusif en prouvant la légalité de leur mouvement.
L’essentiel à retenir
- Acte authentique : le constat de grève fait foi jusqu’à preuve contraire devant les tribunaux (article 648 du Code de procédure civile)
- Double protection : il sécurise aussi bien l’employeur que les salariés grévistes
- Intervention 24h/24 : le commissaire de justice peut intervenir de jour comme de nuit, y compris les dimanches
- Effet dissuasif : sa présence sur place décourage les débordements et actes frauduleux
- Dimension numérique : appels à la grève sur les réseaux sociaux et messageries peuvent être capturés et authentifiés
Qu’est-ce qui définit légalement une grève ?
Le droit de grève bénéficie d’une valeur constitutionnelle, consacrée par l’alinéa 7 du Préambule de la Constitution du 27 octobre 1946. La jurisprudence le définit comme la cessation collective et concertée du travail en vue d’appuyer des revendications professionnelles déjà déterminées. Deux conditions cumulatives s’imposent : sans elles, les salariés s’exposent à des sanctions pouvant aller jusqu’au licenciement.
La cessation collective, concertée et totale du travail
La grève implique un arrêt complet du travail, pas un simple ralentissement. Le caractère collectif signifie que plusieurs salariés agissent de concert, même si un salarié seul peut rejoindre un mouvement national. Sans cette cessation totale et concertée, le mouvement ne peut pas être qualifié de grève au sens juridique. Les salariés concernés s’exposent alors à des sanctions disciplinaires.
Des revendications professionnelles obligatoires
Les revendications doivent être de nature professionnelle : salaires, conditions de travail, emploi. Elles doivent être préalablement déterminées et présentées à l’employeur avant le déclenchement du mouvement. Sans revendications clairement formulées, la protection légale disparaît et l’article L2511-1 du Code du travail ne s’applique plus.
La liberté du travail des salariés non-grévistes
Les salariés non-grévistes conservent leur droit de travailler, et ce droit ne peut pas être entravé. Un piquet de grève bloquant l’accès principal mais pas les accès secondaires n’est pas nécessairement illicite. En revanche, toute séquestration ou entrave physique complète caractérise un abus du droit de grève. Les salariés non-grévistes doivent être rémunérés, qu’ils aient pu travailler ou non.
Pourquoi faire établir un procès-verbal de grève ?
Le constat de grève est un acte authentique au sens de l’article 648 du Code de procédure civile, reconnu par les tribunaux en vertu de l’article 1353 du Code civil. Il fait foi jusqu’à preuve contraire. Un employeur ne peut pas faire cesser un trouble sans décision de justice : le constat est le premier maillon indispensable de toute procédure.
| Bénéficiaire | Ce que le constat permet de prouver | Effet juridique concret |
| Employeur | Blocage illicite, entrave à la liberté du travail, occupation des locaux | Saisine du juge des référés, suspension légitime de la rémunération des grévistes |
| Salarié gréviste | Légalité du mouvement, absence de violence, revendications formulées | Protection contre un licenciement abusif |
| Compagnie d’assurance | Dommages causés pendant la grève, dégradations matérielles | Indemnisation plus rapide |
Pour l’employeur : prouver l’abus et engager la procédure
Le constat offre à l’employeur des bénéfices concrets. Il permet de suspendre légitimement la rémunération des grévistes, dont le contrat est suspendu pendant le mouvement. Il exonère l’entreprise de toute responsabilité si un gréviste cause un dommage à un tiers. À noter : les accidents survenant pendant la grève ne sont pas qualifiés d’accidents du travail.
Le procès-verbal constitue également une preuve recevable auprès des compagnies d’assurance, accélérant les démarches d’indemnisation. Il permet de rapporter la preuve d’entrave à la liberté de travailler et d’occupation illicite des locaux, éléments indispensables pour saisir le juge des référés.
Pour les salariés : documenter la légalité du mouvement
Le commissaire de justice est un officier public ministériel assermenté, neutre par nature. Il peut tout aussi bien prouver que le mouvement est légalement constitué : revendications formulées, cessation totale du travail, absence de violence. Cette documentation protège les grévistes contre un licenciement abusif, dont le seul motif légal reste la faute lourde au sens de l’article L2511-1 du Code du travail.
Comment intervient le commissaire de justice lors d’un constat de piquet de grève ?

Le commissaire de justice se rend sur place, décline son identité et sa qualité, puis procède à des constatations personnelles. Il n’a aucune obligation d’information préalable envers les salariés et peut intervenir à tout moment, de jour comme de nuit, y compris les dimanches. Pour les entreprises en Île-de-France, nous réalisons un constat en droit du travail dans Paris et dans l’ensemble des 8 départements franciliens.
Les étapes de la procédure d’expulsion
L’employeur ne peut jamais faire cesser un trouble par ses propres moyens, sans décision de justice préalable. La procédure suit un enchaînement précis dont le constat est le premier maillon :
- Constat sur place par le commissaire de justice, documentant le blocage et identifiant les auteurs des troubles
- Assignation en référé devant le Tribunal judiciaire, sur la base du procès-verbal établi
- Décision du juge ordonnant les mesures nécessaires pour faire cesser les infractions
- Commandement de quitter les lieux, signifié par le commissaire de justice aux personnes concernées
- Réquisition des forces de l’ordre si les personnes refusent d’obtempérer
L’identification des grévistes sur place
Le commissaire doit constater personnellement le comportement fautif et vérifier l’identité des salariés concernés. En cas de refus, la Cour de cassation admet qu’il s’assure des identités par des procédés fiables, notamment via un trombinoscope fourni par l’employeur. Le constat fait foi jusqu’à preuve contraire, mais la partie adverse peut le contester en apportant une preuve solide.
Ce que peut documenter le constat de conflit du travail
Le procès-verbal peut couvrir un large spectre de situations. Voici ce qu’il est possible d’y inclure !
- Description précise du blocage : nature de l’obstruction, accès concernés, horaires
- Identification des personnes présentes (grévistes et non-grévistes)
- Constatation des dégradations matérielles (vols, sabotages, destructions)
- Photos, vidéos et vues par drone pour une documentation exhaustive
- Atteintes aux personnes : violences, séquestration, intimidation
- Occupation illicite des locaux et entrave à la libre circulation des biens et des personnes
Grève et conflits numériques : une réalité de terrain souvent ignorée
Les conflits du travail ont désormais une dimension numérique que la quasi-totalité des études de commissaires de justice ignorent. Les appels à la grève se coordonnent via des messageries instantanées et des réseaux sociaux. Ces éléments peuvent constituer des preuves essentielles, capturées et authentifiées avec la même valeur probante qu’un constat physique.
Appels à la grève sur les réseaux sociaux et messageries internes
Les situations sont de plus en plus fréquentes : appels à la grève relayés sur des groupes WhatsApp ou Telegram, diffusion de vidéos en direct sur TikTok ou Instagram, publications ciblant l’entreprise sur des plateformes publiques. Ces contenus peuvent disparaître très rapidement.
Notre commissaire de justice peut les capturer et les authentifier dans le cadre d’un constat sur les réseaux sociaux, avec la même force probante qu’un acte physique.
Combiner constat de blocage physique et constat numérique
Nous intervenons simultanément sur le terrain et en ligne !
- Sur site : blocage des accès, identification des grévistes, dégradations, atteintes aux personnes
- En ligne : capture des publications, messages de coordination, flux vidéo en direct
Notre organisation multi-bureaux sur les 8 départements d’Île-de-France permet de déployer plusieurs commissaires en simultané sur différents sites d’un même groupe. Notre investigation numérique vient compléter ce dispositif terrain.
Pour les échanges sur messageries, notre expertise en matière de constat de SMS et messages WhatsApp garantit une capture authentifiée et juridiquement opposable.
Sources
- Préambule de la Constitution du 27 octobre 1946, alinéa 7, décision du Conseil constitutionnel du 16 juillet 1971
- Article L2511-1 du Code du travail (Légifrance)
- Article 648 du Code de procédure civile (Légifrance)
- Article 1353 du Code civil (Légifrance)
- Jurisprudence de la Cour de cassation sur l’identification des grévistes et la définition de la grève
FAQ
Un commissaire de justice peut-il intervenir la nuit ou le week-end ?
Oui, le commissaire de justice peut intervenir à tout moment, de jour comme de nuit, y compris les dimanches et jours fériés. La grève est une situation d’urgence qui ne souffre aucun délai : chaque heure sans preuve officielle fragilise la position des parties. Cette disponibilité permanente est une garantie essentielle pour sécuriser rapidement votre dossier.
Quelle est la valeur juridique du constat de grève devant un tribunal ?
Le constat de grève est un acte authentique au sens de l’article 648 du Code de procédure civile, reconnu par les tribunaux en vertu de l’article 1353 du Code civil. Il fait foi jusqu’à preuve contraire : la partie adverse doit apporter une preuve solide pour le contester. Sa valeur s’étend également aux compagnies d’assurance, ce qui accélère les procédures d’indemnisation.
La retenue sur salaire des grévistes doit-elle apparaître sur le bulletin de paie ?
La retenue elle-même est visible sur le bulletin, mais la raison de cette retenue ne doit pas y apparaître. Pendant la grève, le contrat de travail est suspendu, ce qui justifie l’absence de versement. Cette retenue est distincte de toute sanction disciplinaire et ne peut pas être utilisée comme telle par l’employeur.
Quels actes sont illégaux en toutes circonstances pendant une grève ?
Certains actes restent illégaux quelles que soient les revendications : violences physiques, séquestration, sabotages, vols, et blocage total des accès empêchant les salariés non-grévistes de travailler. Ces actes caractérisent la faute lourde au sens de l’article L2511-1 du Code du travail et peuvent justifier un licenciement, même pendant une grève légalement constituée.
La présence du commissaire de justice a-t-elle un effet sur le comportement des grévistes ?
Oui, l’effet dissuasif de la présence du commissaire de justice sur place est reconnu. Elle décourage les individus souhaitant commettre des actes frauduleux ou provoquer des débordements. Cet effet préventif est un bénéfice concret et immédiat, indépendamment même des constatations formelles que le commissaire réalise dans son procès-verbal.


